Le mouroir de Dolly.

Ci-gît l’innocence.

Shame.

mardi 15 mai 2018 à 13h33
Le silence régnait en maître sur ma vie. Le matin en me levant, il se faisait timide face à mes sens en éveil. Mais lentement, insidieusement, il s'insinuait partout jusqu'à déborder. Mon coeur bat douloureusement dans ma poitrine et ma main est crispée autour du stylo qu'elle emploie. Se remettre à écrire après tant d'années est la preuve accablante de mon échec. Ceux qui s'en réjouiront n'auront pas compris que chaque mot se paye par la douleur et la souffrance. J'ai beau me battre contre mes démons, c'est moi-même qu'il me faut affronter à chaque fois. Et c'est

Comtesse d'une ville nouvelle

jeudi 22 octobre 2015 à 19h22
Un soupir plus qu’un rire et davantage je plonge dans cet univers qui est le mien. Si l’enfer est réellement une impasse aux portes closes que l’on m’y emporte pour toujours et que je n’en revienne jamais. Triste goût pour l’obscur qui n’est pas réellement malheureux. Peut-être m’était-il trop dur d’apprendre à vivre ou ne savais-je pas assez combien il était dur de sombrer. Vous a-t-on déjà offert ce cœur immaculé trop pur pour vos mains noires ? Des miennes coulaient les plaies béantes et affreuses d’un monde en perdition et quelle merveille cela pouvait

A une étoile.

vendredi 31 octobre 2014 à 01h10
Aimer n'est jamais simple, mais la perte d'un être cher est une déchirure. Un manque, une plaie béante au cœur. Et parfois, même longtemps après, on continue à s'accrocher à cette parcelle de vie qui nous faisait nous sentir meilleur et illuminait notre vie. Mais être hanté par un souvenir n'est-ce pas plus terrible encore que la mort elle-même ? Se raccrocher au passé est inutile car l'on ne peut vivre de ce qui est mort. Il faut aller de l'avant, toujours. Avec ce même désir d'avancer. Doit-on pour autant renier le passé ? Bien sûr que non, ce serait de plus impossible. Il

Regarde-moi.

mercredi 26 février 2014 à 19h56
Un bruissement léger, presque imperceptible, qui dans le silence, résonnait avec force. Je fermais les yeux, les ombres dansaient devant mes paupières. Comme paralysée, je demeurais étendue, immobile. Le chaos de mes pensées complétait parfaitement mon apparente tranquillité. J’étais seule. Au loin des rires d’enfants faisaient écho à la chute vaporeuse de la neige. Des familles, heureuses. Et moi seule dans cette pièce, seule dans mon cœur. Une main crispée sur ma poitrine, je tentais vainement de me préserver de la douleur du temps qui passe. Du temps qui tue. Je

Méandres de l'âme.

jeudi 8 août 2013 à 01h19
Il tourne et lentement se pose, le temps d’un aller-retour ; le temps a tout pris des dérives et des jours. Mon cœur solitaire chevauchait dans le vent, mon âme perdue n’avait ni port ni attache. - Voilà où j’en suis, me disais-je, à errer dans un couloir sombre où la morsure du passé s’abat sur mon présent, où les chants des cantiques ne sont que des pleurs, où mon âme se meurt et mon corps agonise. Il n’y avait ni soleil ni étoiles, ni douceur ni chaleur. Il suffisait d’un pas pour trébucher, de deux pas pour s’écrouler. Et les plaintes incessantes de mes bras

Éclats d'âme.

lundi 27 mai 2013 à 23h17
Tu me manques, oui. Chaque fois que je me lève et que je prends conscience de la réalité. Mon rêve se brise, mon cœur est vide. Je voudrais hurler et me cacher mais c’est le silence qui m’accueille. J’en viens presque à préférer ces cauchemars où tu m’apparais plutôt que cette parodie d’amour à demi gâché. La faute me revient, les sanglots m’étreignent chaque soir, chaque maudit soir avant de m’endormir. Le soleil se lève toujours de la même façon mais il ne brille plus du même éclat. Le temps se joue de moi, me rappelant à chaque instant combien il est dur

On the road.

vendredi 24 mai 2013 à 22h11
Et je finis par me rendre compte que tout ce dont j'avais besoin était cette illusion d'amour. Peut m'importait que les sentiments soient vrais ou faux du moment qu'ils étaient assez convainquant pour que j'y crois. C'était ce que je me disais lors de mes longues nuits d'insomnies pendant que la lune éclairait mon visage défait par les larmes. Le vent frais dans mes cheveux, ma peau frissonnante et mes pieds nus me donnaient cette impression grisante d'appartenance à un tout complexe et merveilleux. En somme je n'avais besoin de rien d'autre que mon stylo, du papier et la violence de

Je t'assassine.

samedi 26 janvier 2013 à 19h23
L’homme pleure. Ses larmes ont un goût de souvenir. Doux-amer. Dans la pénombre de sa chambre noire, il se souvient. Elle était belle, l’insolente. D’une beauté incandescente et inconsciente. Apparue dans sa vie un matin d’automne. Disparue un soir d’été. Elle était libre et enchaînée, heureuse et malheureuse. Elle était ce genre de personne toujours gaie, aux yeux pétillants et au sourire ravageur. Combien l’avaient aimé avant lui ? Il préférait ne pas y songer. Du moment qu’il trouvait le moyen, le courage d’être le seul susceptible de compter. Mais elle

Le prince des neiges.

samedi 17 novembre 2012 à 18h41
Dans mes rêves.. y a-t-il seulement des rêves ici-bas ? Vous, vous vivez en retrait, tout complaisant que vous êtes dans vos retranchements stupides et bornés. Rien ne semble vous atteindre parce que rien n’a de couleurs à vos yeux. Vous avez laissé la décrépitude dont vous êtes la victime prendre le pas sur le monde de votre regard. Rien n’a plus de valeur parce que la valeur elle-même n’existe plus. Tout désir a brûlé et s’est consumé de telle sorte qu’aujourd’hui, vos lèvres ne sont plus que des cendres froides. Votre corps de marbre, vos mains de sang... vous ne

Cauchemar

lundi 8 octobre 2012 à 22h41
Laissez-là mourir. Voilà ce que disait mon rêve. Un rêve cauchemardesque à mi-chemin entre le désespoir et la folie. Qui étais-je, mirage de moi-même, pour condamner ou pardonner ? Je crois qu'elle avait été belle, autrefois, cette peau flétrie par les années. Mais ses yeux agonisants ne laissaient plus de place à la beauté. Et sa sœur, sa mère, son alter ego superbe et tranchant, cet infâme monstre en tout point son semblable, quel désespoir ornait ses traits ! Mourir, oui. Mais à quel prix. Tout s'entrechoquait, s'entremêlait autour de moi. Les voix confuses, la

Réflexion.

dimanche 12 août 2012 à 20h51
Les pauvres, pauvres, pauvres hommes… Ils passent leur vie à courir, encore et encore… Ils courent vers leur destin tragique, vers leur perte, pour l’étreindre pleinement et disparaître avec elle. Ô hommes inconscients et orgueilleux ! Puissiez-vous réaliser que vos vanités ne mènent qu’à votre déchéance ! Vous naissez libres et mourrez enchaînés. Vous ne vous voyez que dans l’avenir et en oubliez de vivre. Tristes hommes ! Autrefois rêveurs vous voilà fougueux ! Vous plongez tête baissée dans l’océan tumultueux du destin en vous pensant victorieux et vous n’en

Poème d'enfant.

dimanche 12 août 2012 à 20h42
Bonjour, maman. Je cherche mon âme. Je crois qu'elle s'est envolée. Oui, elle s'est sûrement envolée. Et je sais bien que je ne pourrai la rattraper. Mes jambes sont trop courtes, je suis une enfant. Rien qu'une enfant. Lorsque je rêve la nuit, je suis dans un château. Grand, étincelant de lumière, je trône dans mes beaux apparats. Ma chambre est grande, le soleil est haut dans le ciel. Il doit être midi, l'heure où les oiseaux chantent. Et où le ciel est bleu. Bonsoir, maman. Je cherche mon âme. Je crois qu'on me l'a volée. Oui, on me l'a sûrement volée. Et je sais bien que

Enfermé.

dimanche 12 août 2012 à 20h38
Le soleil se couche et par delà la fenêtre, J'observe silencieusement le crépuscule tomber. Demain à l'aube y serai-je encore ? Peut-être ! Je ne me lasse jamais de vous observer. Pendant que les rayons dorés se meurent dans l'ombre naissante, Les réverbères s'éclairent dans la rue. Et les heures passent, il est vingt heures trente, Quand reviendras-tu ? Le sommeil se fait attendre, ma vue est altérée. Qui sont tous ces gens aux mines atterrées ? Je me demande pourquoi c'est toujours la nuit, Que ces malheureux viennent chercher un sursis. Mon front aux vitres est appuyé et

Folie de mai.

dimanche 12 août 2012 à 20h30
Tomber dans un lit de plumes et en ressortir grandi. Pleurez, pleurez âmes folles ! Délivrances de nos péchés, délectations de nos folies. Il avait ce quelque chose dans le regard, à la fois merveilleux et tragique. Cette chose qui montre qu'aucune souffrance n'est insurmontable. Oui c'est vrai, je ris tout le temps, ça vaut mieux que pleurer non ? En vertu du chaos, je serais le pourfendeur de vos âmes. Ne te retourne pas car la véritable liberté c'est connaître le prix de la solitude. Tu dis m'aimer, alors prouves-le. Qui se ressemble, s'assemble. Les opposés s'attirent. Quel

Poupée désarticulée.

dimanche 12 août 2012 à 20h01
Si Dolly ris, Dolly pleure. Quand Dolly joue, Dolly perd. Et lorsque Dolly ment, Dolly meurt. “ Tout semble s'arrêter. Ma douleur se fixe le temps du déclencheur. Ce n'est bientôt plus qu'un cri, figé dans l'espace de ma mémoire. Une mémoire désordonnée. Déstructurée. Mais prête à surgir du fond de mes entrailles, prête à piller et détruire mes garde-fous. Déchaînée. Incontrôlable. Folle. Sa rage éparpille mes souvenirs, fissure mon faux sourire. ” V.I.T.R.I.O.L Dolly est un mirage. Un mirage humain. Déjà morte et pourtant pleine de vie. Dolly fut une enfant